Société

Ramadan 2021 : union de prière pour un Burkina de paix et réconcilié

Si ce 13 mai 2021 est pour les chrétiens le jour de l’Ascension, il marque chez les fidèles musulmans du Burkina la fin du jeûne. A Ouagadougou, des centaines de croyants se sont retrouvés à la Place de la Nation pour la grande prière de l’Aid El Fitr dirigée par l’imam Abdallah Ouédraogo. Etaient présentes à cette prière  des personnalités politiques et coutumières ainsi que des représentants d’autres confessions dont le cardinal Philippe Ouédraogo de l’Eglise catholique. Ni plus ni moins qu’une union de prière pour un Burkina de paix et de cohésion sociale, à l’image des grands axes du sermon de l’imam Ouédraogo.

De nombreux fidèles ont fait le déplacement de la Place de la nation

Un jour comme celui du ramadan, la Place de la nation de Ouagadougou révèle toute sa grandeur. En effet, elle arrive à contenir les centaines de fidèles qui ont fait le déplacement pour la grande prière marquant la fin du jeûne. Au compte-goutte, les croyants occupent l’aire de la prière.

La configuration est celle d’une mosquée: un grand espace réservé aux fidèles lamda, et une partie, recouverte de tapis, où se tiendra l’imam. En attendant l’arrivée de ce dernier, tous prennent place. Par moments se créent des attroupements spontanés pour accueillir une personnalité qui ne manque pas de prendre un bain de foule avant d’occuper la place qui lui est réservée. Ainsi est remarquée la présence de personnalités politiques, coutumières, de représentants d’autres confessions : le ministre de l’Administration territoriale, Clément Sawadogo, celui en charge de la réconciliation nationale, Zéphirin Diabré, le patron de l’Assemblée nationale, Alassane Sakandé, le Mogho Naba, le cardinal Philippe Ouédraogo, pour ne citer que celles-là.

Comme le veut la tradition, Alassane Sakandé (à g.)était-il pour le Mogho (à d) le yarga attitré du jour?

Puis, la présence de celui qui dirigera la prière est signalée. Il s’agit de l’imam Abdalah Ouédraogo, accompagné du Cheick  Aboubacar Sana, celui-là même qui aurait guidé la prière de ce jour s’il n’était pas convalescent.  Sans protocole, la prière est entamée et durera une quinzaine de minutes. S’en est suivi le sermon d’Abdallah Ouédraogo, évoquant les bienfaits du jeûne pour le musulman, invitant l’assistance à une persévérance dans la prière et dans les bommes actions selon les recommandations du prophète.

Que dire de la marche de la nation ? Avant d’implorer la miséricorde divine, l’auteur du sermon a émis des mentions spéciales. Mention au Forces de défense et de sécurité qui œuvre pour la sécurité dans un pays endeuillé par des attaques terroristes depuis plusieurs années, mention aux agents de santé qui, dans un contexte sanitaire exacerbé par la pandémie de la covid 19 restent fidèles au serment d’Hippocrate. Mention au gouvernement et aux autres confessions religieuses qui se sont fait représenter, chose qui témoigne d’un engagement collectif pour un Burkina de paix et de cohésion sociale, selon l’imam Ouédraogo. C’est pourquoi il n’a pas manqué d’adresser ses bénédictions au ministre chargé de la réconciliation nationale qui a du pain sur la planche.

L’imam Abdallah Ouédraogo

Pour le cardinal Philippe Ouédraogo tout comme pour le ministre Clément Sawadogo, leurs présences respectives aux côtés des fidèles musulmans sont gage de solidarité à l’égard de ces derniers. Mais pas que, cette présence vaut message de paix, de cohésion sociale et de vivre ensemble, selon le représentant du souverain pontife qui souhaite que soient démolis les murs de haine et d’incompréhension et qu’en lieu place des ponts de fraternité soit érigés entre les différentes confessions.

Bernard Kaboré

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